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Jeudi 14 octobre 2010 4 14 /10 /Oct /2010 11:37

Il y a quelques années, Nicolas Sarkozy, fanfaronnait « désormais, quand il y a une grève, plus personne ne s’en rend compte ». Mais aujourd’hui, ce « plus personne » ne caractérise plus guère que le président et son gouvernement, dont la surdité atteint un niveau effrayant.

 

Mardi soir, une fois encore, ni Nicolas Sarkozy, ni son Premier ministre, ni le ministre du Travail, n’avaient quoi que ce soit à répondre aux millions de manifestants ayant animé une journée de mobilisation record contre la réforme des retraites. Rien à répondre, un Eric Woerth droit dans ses bottes et un président qui préférait évoquer une réforme de la fiscalité pour le printemps 2011.

 

Pourquoi ? Parce que depuis le début  de ce simulacre de réforme, Nicolas Sarkozy s’est enfermé dans une stratégie du mépris et du clivage, consistant à ignorer les grévistes, à minimiser le nombre de manifestants, à tourner le dos aux syndicats et à balayer d’un revers de main les arguments de l’opposition. Il voulait cliver, braver la mobilisation sociale et imposer sa réforme, contre tout bon sens, pour inscrire à son bilan présidentiel une réforme dure mais menée à son terme.

Sans doute y parviendra-t-il. Mais le clivage politique qu’il appelait de ses vœux dépasse sans doute aujourd’hui ses attentes. Non seulement le mépris qu’il oppose à leurs sacrifices ne décourage pas les manifestants mais l’opinion publique leur apporte un franc soutien, qui, loin de se démentir, croît au fil des semaines, comme en témoignent les sondages d’opinion. Peut-être le président a-t-il rassemblé autour de lui le noyau dur d’une certaine droite. Mais il est surtout parvenu à susciter contre sa réforme un consensus informé, argumenté et raisonné dans la population française. Un débat de fond s’est finalement tenu et diffusé dans la société française, révélant la réforme des retraites pour ce qu’elle est : un plan d’économies aussi inefficace qu’injuste, réalisé sur le dos des plus fragiles, des femmes, des précaires et des salariés ayant entamé entre 18 et 20 ans une carrière longue et souvent pénible.

 

Mardi, une situation de profond blocage s’est révélée au grand jour entre un président qui se refuse à négocier et un mouvement social qui se refuse à capituler, entre un exécutif qui n’écoute pas la Nation et des français qui ne supportent plus de se voir asséner depuis des mois les mêmes éléments de langage élyséens, énoncés d’un ton docte et suffisant par des ministres-porte-paroles pour les convaincre qu’un seul choix s’impose, rendant caduque toute négociation.

 

Or ce n’est malheureusement pas du Parlement que l’on peut attendre une sortie de crise : au Sénat, comme à l’Assemblée Nationale, le gouvernement impose l’urgence, exprimant ouvertement son souhait de voir la réforme votée dès vendredi, avant la grande manifestation de samedi. Ce beau programme suppose d’examiner en deux jours et demi 30 articles de loi après avoir passé quatre jours sur les seuls articles 5 et 6 : autant s’attendre à un simulacre de débat, une fois encore.

 

Dans cette configuration, l’heure n’est plus aux arguments fallacieux. L’heure n’est plus à la disqualification des jeunes manifestants prétendument manipulés et courant parait-il tous les dangers. L’heure n’est plus à la soudaine et pathétique  mise en avant par Eric Woerth d’un rapport du FMI vieux de près de six mois et n’engageant que ses trois auteurs pour tenter d’associer Dominique Strauss-Kahn au report de l’âge légal de la retraite.

 

L’heure est au contraire à la responsabilité, pour le président de la République. Si le mouvement social s’amplifie et se radicalise, ce sera de son fait. Alors que de par sa fonction, Nicolas Sarkozy devrait être le garant de la cohésion sociale dans notre pays, il s’en fait le dynamiteur, sinon le fossoyeur.

 

Ce n’est pas acceptable. C’est pourquoi je crois sincèrement que notre président gagnerait à saisir l’opportunité qui lui est offerte de tendre la main aux Français, en retirant son texte et en ouvrant enfin de véritables négociations. Bien sûr, il s’agit là d’un choix difficile, revenant à un revirement stratégique complet. Mais Nicolas Sarkozy en sortirait sans doute grandi aux yeux des Français.

 

Vendredi dernier, alors que les sénateurs de la majorité s’apprêtaient à voter le report de l’âge légal de départ à la retraite, Pierre Mauroy s’est exprimé avec beaucoup d’émotion pour rappeler la genèse de la retraite à 60 ans, pour raconter une histoire dont il a été l’acteur en tant que Premier-ministre de François Mitterrand. Il s’agissait alors de mettre fin à un phénomène dramatique qui voyait bon nombre d’ouvriers décéder avant de pouvoir partir en retraite, à 65 ans. Il s’agissait de mettre en œuvre la solidarité nationale pour atténuer une grave injustice sociale.

 

Depuis lors, beaucoup de choses ont changé mais les Français ont toujours une exigence de justice sociale. Ils le montreront une nouvelle fois samedi prochain, au cours d’une journée de manifestations à laquelle j’appelle à participer massivement.

 

Or comme l’a montré le projet alternatif du Parti socialiste sur les retraites, cette exigence n’est en rien incompatible avec l’efficience budgétaire.

 

A Nicolas Sarkozy de le découvrir, si tant est qu’il y consente.

 

BK

Par Bertrand Kern - Publié dans : Actualités
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Lundi 4 octobre 2010 1 04 /10 /Oct /2010 14:59
Ce sont les saint-bernards de la ville de Pantin. Tout de vert vêtus, ils vont arpenter les rues de la commune pour assurer la tranquillité des habitants, relever les dysfonctionnements et aider ceux qui en ont besoin. Les correspondants de nuit, qui pour le moment travaillent de jour, ont commencé leur ronde hier.
Ils sont huit au total. En binôme, ils patrouillent dans des zones considérées comme sensibles. Deux quartiers et même des rues ont ainsi été localisés : le secteur Hoche avec 17 rues et impasses et le secteur des Quatre-Chemins avec 14 rues. « Nous avons trois missions, détaille El Mostafa Ramsi, chef d’équipe. Une veille résidentielle qui permet d’identifier des problèmes de dégradations, des tags, etc. ; une veille sociale dont le but est d’aider les jeunes en perte de repères ; et une médiation pour régler les conflits de voisinage ou entre jeunes. » L’équipe tient à rappeler une règle d’or : elle n’est pas là pour faire la police, ni pour juger, seulement pour trouver des solutions par le dialogue.

Dans l’immédiat, les correspondants doivent se faire connaître. C’est pour cette raison que, la semaine prochaine, ils vont travailler en journée. « Il faut avant tout créer un lien de confiance avec la population, analyse Youssef Camara, responsable du dispositif. Cela va nous prendre trois ou quatre mois. Une fois ce lien établi, on espère que les habitants feront appel à nous. » Des réunions publiques pour présenter les équipes devraient être organisées d’ici peu. Un numéro de téléphone va être mis en place pour recueillir les doléances des habitants. Un opérateur sera chargé de les répercuter à une patrouille située à proximité.

Dès le 11 octobre, les équipes seront sur le terrain de 18 heures à 21 heures, puis les horaires seront étendus. Certes, les équipes n’auront pas d’autorité légale, mais cela ne fait pas peur aux animateurs. « J’ai travaillé pendant un an comme médiatrice dans les transports, souligne Bonita, une correspondante. Dans 95 % des cas, le dialogue suffit à désamorcer les situations tendues. »
Pour le maire, Bertrand Kern (PS) : « Il s’agit d’une expérimentation qui prendra fin en avril. En fonction des résultats, elle sera reconduite ou pas. Son intérêt actuel est qu’elle fonctionnera jusqu’à minuit alors que notre police municipale s’arrête à 20 heures. Ce dispositif nous permet aussi des réponses graduées : en cas de problèmes, les correspondants interviennent, puis la police municipale, puis la police nationale.

Le Parisien, 4 octobre 2010
Par Bertrand Kern - Publié dans : A Pantin et en Seine-Saint-Denis
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Vendredi 1 octobre 2010 5 01 /10 /Oct /2010 09:21

Dans mon article précédent, j’évoquais le malaise dans lequel Nicolas Sarkozy plonge de plus en plus manifestement notre République, dans laquelle le contre-espionnage semble mettre les journalistes sous surveillance, dans laquelle la Justice ne peut exercer son indépendance en toute sérénité, dans laquelle les droits des parlementaires sont bafoués et dans laquelle les ministres dansent d’un pied sur l’autre sans savoir à quelle sauce ils vont être mangés dans moins de deux mois.

 

Ce malaise génère un climat de marasme, de tristesse et de déprime, lorsque, comme dans le cas de la réforme des retraites, l’injustice semble vouée à prévaloir, malgré les grèves et l’opposition de l’opinion publique, révélée par des sondages convergents.

 

Pourtant, je ne crois pas une démobilisation, samedi prochain, lorsqu’à l’appel des syndicats, l’ensemble des opposants à la réforme pourront prendre part aux cortèges dans toute la France. Je me félicite que les syndicats aient fait ce choix stratégique, permettant aux salariés qui ne peuvent pas faire grève, pour des raisons financières ou professionnelles, de prendre part aux manifestations. Pour sortir du blocage, pour relever le défi d’un Gouvernement qui a choisi de nier l’ampleur de l’opposition à sa réforme, les syndicats ont décidé de briser le cycle infernal voulu par l’Elysée en en appelant directement à l’ensemble de la population. Samedi, il faudra donc que la mobilisation soit massive et « incontestable », n’en déplaise à Eric Woerth, pour enfin faire bouger les lignes.

 

Il s’agira de démontrer, malgré tous les efforts de Nicolas Sarkozy et de ses porte-voix, qu’il est possible de penser autrement dans la France de 2010.

 

Cette indépendance d’esprit s’est déjà illustrée depuis quelques semaines, face à une réforme des retraites qui, à défaut de négociations avec les syndicats ou de débats à l’Assemblée, donne de plus en plus fréquemment lieu à des débats passionnants parmi les citoyens et dans certains médias.

Le ministre du Travail cherche désespérément à nous convaincre qu’une seule voie de réforme est possible et qu’une solution unique s’impose. Mais il ne convainc plus grand monde lorsque les chercheurs expriment des pluralités d’opinions, lorsque les syndicats détaillent leurs arguments et lorsque les partis politiques d’opposition formulent des propositions alternatives.

De plus en plus de Français comprennent désormais que Nicolas Sarkozy a escamoté un débat qui aurait pu être passionnant et qui aurait dû mener à un consensus, s’il n’avait pas d’emblée privilégier une logique d’affrontement.

 

Or ce « penser autrement » ne se limite pas aux retraites… Sur les questions d’immigration, nombre de pays européens se sont chargés de le rappeler au Président de la République, notamment en ce qui concerne les expulsions de Roms. Certes, il a une nouvelle fois répondu par la provocation et l’affrontement. Mais les Français, j’en suis certain, ne seront pas dupes de sa rhétorique belliqueuse.

 

« Penser autrement » c’est aussi ce qu’appelle à faire le collectif des économistes « atterrés». Désemparés par le retour du dogme néolibéral, moins de trois ans après la crise des subprimes, ces économistes et sociologues de premier plan, tels Henri Sterdyniak (OFCE), Philippe Askenazy (Ecole d'économie de Paris), Jacques Sapir (EHESS) ou Dominique Méda ont lancé le 1er septembre un manifeste qui a déjà recueilli plus de 600 signatures issues du monde universitaire.

Je ne partage pas nécessairement toutes leurs idées mais j’apprécie cette envie de débat et de révolte face à la communication du Gouvernement, ce rouleau compresseur qui impose toujours les mêmes éléments de langage. Je vous invite donc à prendre connaissance de leur manifeste à l’adresse suivante : http://economistes-atterres.blogspot.com/2010/09/manifeste-des-economistes-atterres.html

 

« Penser autrement », c’est aussi ce que propose le Parti socialiste, dont l’unité retrouvée permet à nouveau de mener une réflexion de fond pour élaborer un projet ambitieux qui sera progressivement rendu public dans les prochaines semaines et mois.

 

Mais j’aurai l’occasion d’en reparler. Pour l’heure, face au marasme sarkozyste, je veux souligner que la vigilance ne doit pas occulter une part d’espoir, ancré dans la réalité mais fondé sur des valeurs de solidarité et de justice sociale. Samedi prochain, à travers toute la France, c’est cet espoir qui peut manifester, loin de tout conservatisme ou corporatisme.

 

J’espère donc que nous serons le plus nombreux possible, aux côtés des syndicats, pour battre le pavé et défendre notre modèle social.

BK

Par Bertrand Kern - Publié dans : Actualités
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Mercredi 29 septembre 2010 3 29 /09 /Sep /2010 21:19

Lundi matin, le procureur général près la Cour de Cassation, Jean-Louis Nadal a pris sur lui d’appeler le procureur de Nanterre à enfin prendre ses responsabilités dans le cadre de ce qu’il est convenu d’appeler l’affaire Woerth-Bettencourt, en nommant un juge d’instruction, afin que les investigations pertinentes puissent être menées. Dès lundi soir, le procureur de Nanterre, Philippe Courroye annonçait qu’il n’en serait rien.


C’est son droit, Jean-Louis Nadal n’ayant pas sur lui d’autorité hiérarchique mais cette décision me consterne.

 

Depuis le début de l’affaire Woerth, il y a plusieurs mois, vous aurez noté que je ne me suis jamais exprimé sur le fond de cette affaire. Je n’entends pas davantage le faire aujourd’hui mais je ne peux que constater qu’en l’espèce dans la forme, dans les choix de procédure, l’indépendance de la Justice ne tient pas de l’évidence.

 

Or la Justice n’est pas le seul pilier de notre état de droit à susciter des soupçons de pression venus du plus haut niveau. Je pense ici bien sûr à la presse. Après la violente campagne gouvernementale de communication diffamatoire qui s’est abattue sur Mediapart au mois de juillet, suite aux révélations de ce site d’informations sur l’affaire Woerth, les sources d’un journaliste du Monde semblent au mois d’août avoir fait l’objet d’une enquête des services du contre-espionnage, battant en brèche l’un des grands principes de la liberté de la presse : la confidentialité des sources.

 

Lorsque la Justice ne semble plus indépendante, lorsque le pouvoir cherche à bâillonner la presse, l’inquiétude est de mise.

 

Or ni la situation du parlement, ni celle du Gouvernement ne sont plus rassurantes.

 

L’examen du Projet de loi portant réforme des retraites à l’Assemblée Nationale a relevé de la pure et simple mascarade, l’une des réformes les plus importantes du quinquennat de Nicolas Sarkozy étant examinée dans le cadre d’une procédure accélérée qui limitait les débats à 50 heures.

Les comptes-rendus de séance, dont je conseille la lecture édifiante sur le site de l’Assemblée Nationale, donnent à voir un Président de séance gérant les débats chronomètre en main, jusqu’à imposer le silence à l’opposition, une fois son modeste temps de parole épuisé. Pire, Bernard Accoyer, Président de l’Assemblée Nationale a pris sur lui de bafouer le règlement intérieur du Palais-Bourbon en mettant arbitrairement un terme à la dernière séance, le 15 septembre. Une centaine de députés d’opposition s’est trouvée privée de parole, alors que ces parlementaires cherchaient à exercer leur droit, en formulant une explication de leur vote.

Quant au Sénat, assemblée représentative des collectivités locales, le passage en force de l’Elysée sur la réforme territoriale a suffisamment démontré le peu d’estime qui lui est porté.

 

Le Gouvernement, de son côté, est en sursis depuis plusieurs mois et, semble-t-il, pour plusieurs mois encore, dans l’attente d’un remaniement. Voilà une situation propice aux tensions et aux querelles internes, qui se sont d’ailleurs abondamment illustrées lors des Journées parlementaires de la semaine dernière à Biarritz. Mais voilà aussi une situation propice aux initiatives politiciennes et court-termistes, aux effets de manche, aux génuflexions devant les initiatives les plus étranges venues de l’Elysée et … à l’immobilisme sur le fond. Chacun est dans l’attente, chacun se cherche un point de chute ou vise à avancer ses pions.

 

Récapitulons : un Gouvernement en sursis, un Parlement plus godillot que jamais, dans lequel l’opposition est muselé, une presse sous surveillance, une Justice qui peine à affirmer son indépendance …

 

Et au cœur de ce champ de ruines, à l’origine de ce champ de ruines, un Président obstiné, au plus bas dans les sondages, qui voit son salut dans le clivage politique, quitte à radicaliser les syndicats jusque dans les rangs peu révolutionnaires de la CFE-CGC ou de l’UNSA, notamment sur la réforme des retraites.

 

Certains disent « vivement 2012 ». Mais où en serons-nous en 2012 ? Voilà la question que je me pose de plus en plus.

 

BK

Par Bertrand Kern - Publié dans : Actualités
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Samedi 18 septembre 2010 6 18 /09 /Sep /2010 20:44

Pendant que le Gouvernement se livre à une sordide danse du ventre devant les électeurs du Front national, en se complaisant dans une lamentable chasse aux Roms, les maires – de droite comme de gauche – tentent à leur niveau de créer les conditions d’une véritable politique de sécurité, au profit de leurs concitoyens, en s’appuyant sur les fonctionnaires de la Police Nationale, dans la limite de leurs moyens.

 

L’expression « dans la limite de leurs moyens » a malheureusement son importance, à l’heure où Nicolas Sarkozy multiplie les discours guerriers tout en supprimant dans les faits des effectifs de police. Je déplore cette situation depuis des mois, comme bon nombre d’élus locaux de Seine-Saint-Denis, à commencer par le Président du Conseil Général, Claude Bartolone. Mais nos demandes, nos pétitions ou nos lettres ouvertes sont longtemps restées sans réponse, qu’il s’agisse d’accroitre les effectifs des commissariats ou d’accueillir des unités de police de proximité.

 

Ainsi, en avril 2009, nous nous sommes adressés, Jacques Salvator, maire d’Aubervilliers, et moi-même à la ministre de l’Intérieur de l’époque, Michèle Alliot-Marie, pour obtenir l’installation d’une Uteq, une unité territoriale de quartier comme on appelle ces réincarnations tardives des unités de police de proximité que Nicolas Sarkozy avait malheureusement supprimées. La ministre nous a alors répondu que notre demande était légitime mais que le quartier des Quatre-Chemins, commun à Aubervilliers et à Pantin, n’était pas prioritaire. Un an plus tard, elle ne l’était pas davantage.

 

Mais nous sommes têtus, Jacques Salvator et moi-même et nous sommes convaincus que les Quatre-Chemins ont besoin d’une présence policière de proximité, capable de prévenir et de limiter les actes d’incivilité et les troubles à l’ordre public que subissent trop souvent les habitants du quartier.

C’est pourquoi lorsque le nouveau Préfet de Seine-Saint-Denis, Christian Lambert a déclaré, le 1er juillet, à Aubervilliers « Vous allez voir plus de policiers. A pied, à moto, à vélo, ils iront chercher les voyous là où ils sont. Il n’y aura pas de zone de non-droit », nous l’avons pris au mot. Nous avons donc lancé un nouvel appel au ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, qui venait justement d’annoncer le doublement du nombre des Uteq sur le territoire français.

 

Aujourd’hui, il semblerait que cet appel ait enfin été entendu. Une réunion de travail est en effet prévue pour le 4 octobre prochain, au cours de laquelle Jacques Salvator et moi-même rencontrerons le préfet Christian Lambert pour étudier les modalités de l’installation prochaine d’une Uteq aux Quatre-Chemins.

 

J’ai bon espoir que cette réunion débouche enfin sur du concret pour Pantin et Aubervilliers, sans pour autant menacer de réduction les effectifs de la Police Nationale sur notre territoire, ce qui serait inacceptable.

 

L’arrivée d’une Uteq constituerait une grande satisfaction pour moi-même, pour Jacques Salvator mais aussi et surtout pour les habitants des Quatre-Chemins.

 

Mais ne mettons pas la charrue avant les bœufs et espérons pour l’heure que cette promesse se confirme et que nous puissions officialiser une bonne nouvelle le 4 octobre.

 

Je vous tiendrai bien sûr au courant.

 

 

 

 

Par Bertrand Kern
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Jeudi 16 septembre 2010 4 16 /09 /Sep /2010 12:14
Par Bertrand Kern - Publié dans : A Pantin et en Seine-Saint-Denis
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Mardi 7 septembre 2010 2 07 /09 /Sep /2010 11:55

Demain, à l’Assemblée Nationale, un gouvernement fragilisé et en instance de remaniement enverra son ministre du Travail, empêtré dans un scandale politico-financier, défendre devant les députés, sceptiques jusque dans les rangs de l’UMP, son projet de réforme des retraites.

 

Demain, à travers tout le pays, les Français chercheront, par la grève et les manifestations, à faire entendre au gouvernement leur désaccord profond avec la réforme qu’il entend leur imposer. Les sondages le montrent, ils sont de plus en plus nombreux à juger injustes et inefficaces les mesures décidées par Nicolas Sarkozy et à considérer que cette réforme n’est pas la bonne.

 

Je partage ce désarroi. Les sacrifices demandés, qui reposent à plus de 80 % sur les salariés, sont clairs : chacun devra travailler plus longtemps pour acquérir ses droits à la retraite. Mais enfin, à quoi serviront-ils ?

 

L’affaire Woerth-Bettancourt puis la tentative estivale de diversion sécuritaire du gouvernement ont eu pour effet commun de détourner l’attention du fond de la réforme des retraites, de limiter les débats, de faire oublier les grandes questions, à commencer par la plus fondamentale : à quoi sert, en l’état, cette réforme ?

 

On aurait pu penser que, comme dans certains pays scandinaves, la réforme des retraites se révèlerait être l’occasion d’un long et riche effort de concertation, propre à dégager un consensus, chargé de sacrifices mais accepté par tous, au nom de l’intérêt général. Mais Nicolas Sarkozy a comme toujours privilégié l’urgence, conduisant à marche forcée un processus de négociation qui n’avait que l’apparence de la concertation. En témoigne les volets de la réforme consacrés à la prise en charge de la pénibilité, des carrières longues et des polypensionnés, exclus par le Gouvernement de la discussion en Commission des Affaires sociales, mi-juillet, au nom du respect des négociations en cours avec les syndicats. Or on apprend désormais que ni la CGT, ni la CFDT n’ont pu mener de négociations avec le Gouvernement depuis le 14 juillet !

 

A défaut de réforme consensuelle, on aurait pu penser que le projet de loi de Nicolas Sarkozy permettrait de rétablir l’équilibre financier du système de retraites, aujourd’hui menacé. Mais en l’état, nous sommes bien loin du compte, dès lors qu’il manquera chaque année près de 15 milliards d’euros pour financer le système. Malgré des départs en retraite plus tardifs, malgré des conditions d’acquisition de droits de plus en plus difficiles à atteindre, l’Etat continuera à emprunter pour payer nos pensions.

 

A défaut de consensus et d’efficacité financière, on aurait pu penser que la réforme permettrait de mettre un terme aux inégalités les plus criantes des Français face à la retraite, celles dont souffrent les femmes, les précaires, les salariés aux carrières longues. Mais au contraire le projet du gouvernement les accentue. Lorsqu’il repousse l’âge de départ à taux plein, quel que soit le nombre de trimestres cotisés, de 65 à 67 ans, il fait des économies indéniables. Mais ce sont les femmes et les salariés touchés par la précarité qui règlent l’addition. Et lorsqu’il repousse l’âge légal de départ à la retraite de 60 à 62 ans, ce sont ceux qui ont commencé à travailler à 18 ou 19 ans, souvent dans des métiers pénibles, qui découvrent qu’ils seront forcés de cotiser 43 ou 44 ans. Alors que le système devrait protéger les plus faibles et les plus meurtris, le gouvernement leur impose l’essentiel des sacrifices.

 

A défaut d’être consensuelle, efficace ou juste socialement, la réforme aurait pu avoir pour effet d’adapter le système de retraites aux évolutions qu’a connu ces dernières années le monde de l’entreprise, diversifiant considérablement les parcours professionnels et les relations au travail. Mais là encore, force est de constater que le gouvernement a pris cet espoir à contrepied, en proposant autoritairement une perspective univoque, en imposant à tous le même chemin vers la retraite.

 

Mais alors à quoi sert donc cette réforme ? A rassurer les marchés financiers et les agences de notation ? Je crains que son financement bancal ait avant tout pour effet de renforcer leurs craintes.

 

Non, décidément je ne vois qu’une seule utilité à cette réforme désastreuse : permettre à Nicolas Sarkozy d’ajouter une ligne à son bilan de réformateur sans avoir froissé outre mesure le Medef et ses alliés politiques.

Le président n’a pas besoin de sauver nos retraites, il a besoin de les réformer pour accrocher, telle une de ces Légions d’honneur que l’UMP distribue si aisément à ses amis, une nouvelle décoration à son veston de candidat perpétuel.

 

Je ne m’en satisfais pas. C’est pourquoi j’appelle à soutenir massivement la journée d’action, de grève et de manifestations de demain, qui rassemblera l’ensemble des syndicats de salariés et de fonctionnaires, soutenus par les partis politiques de gauche.

 

 

 

 

Par Bertrand Kern - Publié dans : Actualités
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Lundi 6 septembre 2010 1 06 /09 /Sep /2010 17:03

 

Lors de la journée de mobilisation du 7 septembre contre la réforme des retraites présentée par le gouvernement, 11 écoles sur 23 seront totalement fermées et 12 autres seront partiellement ouvertes, avec parfois un seul enseignant.

 

La grève sera très suivie dans le personnel enseignant (+ de 80% des enseignants ont fait part de leur intention de grève) et à plus de 70% dans le personnel communal (centres de loisirs, pause méridienne).

 

Au regard de cette forte mobilisation, la ville de Pantin n'est pas en mesure d'assurer l'application du Service Minimum d'Accueil dans 19 écoles et très partiellement dans 4 écoles.

 

Opposé à cette mesure gouvernementale dès son entrée en vigueur car elle est une remise en cause du droit de grève et considérant que les municipalités n'ont pas à se substituer à l'Etat dans le cadre d'un conflit qui l'oppose à ses propres agents, Bertrand KERN, Maire de Pantin, souligne une nouvelle fois l'inefficacité de ce dispositif lors de telles mobilisations.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Bertrand Kern - Publié dans : A Pantin et en Seine-Saint-Denis
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Vendredi 3 septembre 2010 5 03 /09 /Sep /2010 17:42
Par Bertrand Kern - Publié dans : A Pantin et en Seine-Saint-Denis
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Mercredi 1 septembre 2010 3 01 /09 /Sep /2010 14:59

La pré-rentrée 2010 est marquée par l'achévement du chantier de la toute nouvelle école pantinoise, une école zéro énergie (qui consiste à limiter au maximum les consommations énergétiques et  à produire de l'énergie sur place).

 

Cette école fera, je n'en doute pas la joie des élèves qui y seront scolarisés, dans des conditions de confort maximales.


Hier, j'ai pu me rendre compte de l'avancée des travaux (qui prendront fin ce soir) : un chantier de 16 mois, un véritable tour de force lors des derniers jours, une belle mobilisation de toutes les entreprises présentes pour un formidable résultat dont tous les Pantinois peuvent être fiers. Je suis persuadé que cet "ouvrage" fera référence !

 

BK

 

ecole st exupéry 11-1visite presse

 

Dépêche AFP - 1er septembre 2010

 
Panneaux photovoltaïques de la "Maison pour Agir", le 1er avril 2010 près du musée du Louvre à Paris.

 

Un groupe scolaire autosuffisant en énergie situé dans la ville de Pantin, en Seine-Saint-Denis, accueillera jeudi ses 300 premiers élèves.

 

Sa conception architecturale et la présence de 1.168m³ de capteurs photovoltaïques sur les toitures vont permettre à l'école, qui compte 11 classes de maternelle et primaire, de limiter au maximum les consommations énergétiques et de produire de l'énergie sur place.

 

L'été, l'école, baptisée Saint-Exupéry, produira suffisamment d'énergie pour ses besoins et même pour en vendre à EDF.

 

Afin de limiter la consommation d'énergie, les bâtiments ont été fortement isolés, avec notamment du triple vitrage et un isolement par l'extérieur grâce à des murs épais. Avec ses grandes vitres et ses solar spots, la lumière naturelle est privilégiée.

 

L'hiver, le chauffage sera assuré par une pompe à chaleur eau, couplée à la mise en place d'une ventilation hivernale double flux avec récupération de chaleur. Aucun système de climatisation n'est prévu pour l'été.

 

"L'objectif est d'économiser l'énergie, mais aussi d'avoir du plaisir à vivre dans cette école", explique l'architecte, Emmanuelle Patte, se félicitant de l'acoustique, des espaces, de la lumière ainsi que des matériaux utilisés. La façade est faite de bois de pin maritime et les escaliers sont en chêne.

 

Le coût total s'élève à 14 millions d'euros, soit 20 à 25% plus cher qu'une école classique, selon le maire PS Bertrand Kern. Il estime que les gains d'énergie devraient permettre un retour à l'équilibre dans 30 ans.

 

"En attendant, on a la satisfaction d'avoir fait quelque chose pour l'environnement", dit-il.

 

Ce nouveau groupe scolaire, en bordure du canal de l'Ourcq, répond à une augmentation de la population dans cette zone, explique le maire de Pantin, ville limitrophe de Paris, qui compte près de 54.000 habitants.

 

La directrice, Caroline Debbah, se réjouit de sa nouvelle école. "Protéger l'environnement est fondamental. C'est l'avenir de nos élèves et ça fera partie des priorités dans l'enseignement", assure-t-elle.


Par Bertrand Kern - Publié dans : A Pantin et en Seine-Saint-Denis
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Dates importantes

SEPTEMBRE:

 

Vendredi 17 : Inauguration de nouveaux logements, 19h, 63 rue Gutenberg

 

Samedi 18 et Dimanche 19 : "Pantin sous verre", Journées du Patrimoine

 


 

 

 

 

 

 


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